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Le Pape François reçoit un groupe de Français

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Le Pape François reçoit un groupe de Français engagés pour la cause écologique
Une délégation de seize Français emmenés par Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la Conférence des évêques de France, a rencontré le Saint-Père ce jeudi midi au Vatican pour un temps d’échange autour d’une cause commune : la protection de l’environnement. Dans son discours, qui a été consigné au début de la rencontre, le Saint-Père rappelle pourquoi l’Église veut être « pleinement participante » à la sauvegarde de la maison commune, et encourage ses invités à poursuivre leurs efforts.
Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

C’est un discours empreint de pédagogie et mettant en relief des convictions de foi que le Pape François avait préparé pour ce groupe de Français reçus dans la bibliothèque du Palais apostolique.

Mais à la lecture de cette intervention, le Saint-Père a préféré une discussion plus libre avec ce groupe hétéroclite, composé de croyants et de non-croyants aux engagements professionnels variés : l’ancienne journaliste devenue adjointe à la mairie de Paris, Audrey Pulvar, la comédienne Juliette Binoche, Laurent Landete, directeur du Collège des Bernardins à Paris, la juriste Valérie Cabanes, spécialiste de l’écocide, le père Gaël Giraud, jésuite et économiste, Jean-Pierre Denis, directeur du développement éditorial du département société, famille et spiritualité du groupe Bayard, ou encore le chercheur Pablo Servigne, théoricien du concept de « l’effondrement ».

Au total, seize personnes arrivées à Rome dans le prolongement des « réflexions que la Conférence des Evêques de France a menées autour de l’Encyclique Laudato si’, réflexions auxquelles ont participé nombre d’intervenants engagés pour la cause écologique », comme l’écrit le Pape au début de son texte.

Une Église désireuse de « former les consciences »
Le Saint-Père se réjouit d’ailleurs « qu’une prise de conscience de l’urgence de la situation apparaisse désormais un peu partout, que le thème de l’écologie imprègne de plus en plus les mentalités à tous les niveaux et commence à avoir une influence sur les choix politique et économiques ». Mais il fait remarquer qu’il « reste beaucoup à faire » et que l’on assiste encore « à trop de lenteurs et même de retours en arrière ».

François, dont l’encyclique Laudato Si’ parue en 2015 a suscité un large écho à travers le monde, rappelle ensuite que « l’Église catholique veut être pleinement participante à l’engagement pour la sauvegarde de la maison commune ». « Elle n’a pas de solutions toutes faites à proposer et elle n’ignore pas les difficultés des enjeux techniques, économiques et politiques, ni tous efforts que cet engagement entraîne », reconnaît-il. Mais l’objectif de l’Église est d’« agir concrètement là où cela est possible, et elle veut surtout former les consciences en vue de favoriser une profonde et durable conversion écologique, seule capable de répondre aux défis importants qui se présentent à nous ».

Prendre soin des dons du Créateur
Le Pape revient ensuite plus largement sur les raisons spirituelles de l’engagement des chrétiens dans une conversion écologique. La foi et la science, souligne-t-il dans son discours, « proposent des approches différentes de la réalité » mais peuvent en ce sens « développer un dialogue intense et fécond ». Et François de rappeler que « le monde n’est pas né du chaos ou du hasard, mais d’une décision de Dieu qui l’a appelé et toujours l’appelle à l’existence, par amour ». Le chrétien est donc appelé au respect de « l’œuvre que son Père lui a confiée », sans « s’en croire le propriétaire ni le despote, mais seulement l’intendant qui devra rendre des comptes de sa gestion ». Sa relation avec l’environnement doit également suivre l’« idéal évangélique que propose Jésus ».

Protéger la vie et garder l’espérance
Par ailleurs, François pointe du doigt « la même indifférence, le même égoïsme, la même cupidité, le même orgueil, la même prétention à se croire le maître et le despote du monde, qui portent les hommes : d’un côté à détruire les espèces et piller les ressources naturelles, et, d’un autre côté, à exploiter la misère, abuser du travail des femmes et des enfants, renverser les lois de la cellule familiale, ne plus respecter le droit à la vie humaine depuis sa conception jusqu’à son achèvement naturel ».

Seule une conversion profonde de l’homme, pour qu’il soit un « être humain nouveau », peut entraîner une « nouvelle relation avec la nature » et venir à bout de crises multiples dont l’aspect écologique est une manifestation extérieure. Autrement dit, « c’est en guérissant le cœur de l’homme que l’on peut espérer guérir le monde de ses désordres tant sociaux qu’environnementaux ».
Le Saint-Père conclut son texte en encourageant ses interlocuteurs dans leurs efforts en faveur de la sauvegarde de l’environnement. Il leur indique aussi une attitude spécifiquement chrétienne, comme une boussole pour la suite du chemin : « nous, les chrétiens, gardons toujours l’espérance, car nous avons le regard tourné vers Jésus-Christ. Il est Dieu, le Créateur en personne, venu visiter sa création et habiter parmi nous (cf. LS nn. 96-100), afin de nous guérir, nous faire retrouver l’harmonie que nous avons perdue, harmonie avec nos frères, harmonie avec la nature ».

Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

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